Tudchentil

Les sources sur les gentilshommes bretons

Manoir du Vaumadeuc, en Pléven, possédé à l'origine par les Madeuc, seigneurs du Gué-Madeuc (XV-XVIIe siècles).
Photo A. de la Pinsonnais (2005).

Dourdu - Réformation de la noblesse (1669)

Mercredi 5 février 2014, texte saisi par Rémy Le Martret.

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Georges Le Gentil de Rosmorduc, La noblesse de Bretagne devant la Chambre de la Réformation 1668-1671, t. II, p. 182-186.

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Georges Le Gentil de Rosmorduc, La noblesse de Bretagne devant la Chambre de la Réformation 1668-1671, t. II, p. 182-186, 2014, en ligne sur Tudchentil.org, consulté le 5 septembre 2017,
www.tudchentil.org/spip.php?article605.

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Dourdu - Réformation de la noblesse (1669)
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Seigneurs de Coatcren, de Tregonnec, etc...

Dourdu
D’argent à un lyon d’azur, armé et lampassé de gueulle.

Entre le Procureur General du Roy, demandeur, d’une part.

Et Allexandre Dourdu, escuier, sieur de Coatcren, demeurant ordinairement au manoir de Lezart, paroisse de Bourbriac evesché de Treguier, ressort de Lesneven, deffandeur, d’aultre part.

Veu par la Chambre establye par le Roy pour la refformation de la Noblesse en la province de Bretagne, par lettres patentes de Sa Majesté du moys de Janvier 1668, veriffiees en Parlement le 30e Juin ensuivant :

La presantation faicte au Greffe d’icelle par led. deffandeur, le 12e Juillet 1669, de soustenir la quallité d’escuier, par estre issu d’antienne extraction noble et avoir pour armes : D’argent à un lyon d’azur, armé et lampassé de gueulle.

Induction dud. deffandeur, soubs son seing et de Me Mathurin Madeline, son procureur, fournie et signifiee au Procureur General du Roy, le 13e Juillet 1669, par laquelle il declare estre noble et issu d’antienne extraction noble, et comme tel debvoir estre, luy et sa posterité nee et à naistre en loyal et legitime mariage, maintenu en la quallité d’escuier, pour jouir de tous les privilleges des nobles, et que son nom eust esté employé au roolle et catalogue de ceux de la jurisdiction royalle de Lesneven.

Pour establir la justice desquelles conclusions, articulle led. deffandeur, à faicts de genealogie, qu’il est fils de nobles homs Louis Dourdu et de damoiselle Marie Guingamps ; que led. Louis estoit fils d’escuier François Dourdu et de damoiselle Janne [1] Lanuzouarn ; que led. François estoit fils d’escuier Laurans Dourdu et de damoiselle Anne de Kersaintgily ; que ledict Laurans estoit fils d’escuier Hervé Dourdu et damoiselle Janne le Lay ; que led. Hervé estoit fils d’escuier Jan Dourdu et damoiselle Françoise de Kergornadech ; que led. Jan estoit fils d’escuier Hervé Dourdu, premier du nom, lequel estoit aussy fils d’escuier Jan Dourdu et de damoiselle Catherine de Brezal ; tous lesquels, comme leurs predecesseurs, se sont de tout temps immemorial gouvernez et comportes noblement et advantageusement, tant en leurs personnes, biens que partages, et ont contracté des plus grandes alliances de la province, pris et porté les quallitez de nobles homs, escuiers et seigneurs.

Ce que pour justifier :

Sur le degré dud. deffandeur est raporté sa tutelle et pourvoyance et d’escuiers Ollivier et Jan Dourdu, ses freres aisnez, quy justifie qu’ils sont enffans de deffunct nobles homs Louis Dourdu et de damoiselle Marie Guingamp, sa compagne, seigneur et dame de Coatcren, ses pere et mere, dabtee du 17e Mars 1649, signee : P. Ollivier, greffier.

Sur le degré de Louis Dourdu, pere dud. deffandeur, sont raportes deux pieces :

La premiere est le partage noble et advantageux donné par messire Rolland du Louet, mary et procureur de droit de dame Janne Guingamp, fille aisnee, heritiere principalle et noble, aud. nobles homs Louis Dourdu, sieur de Coatcren, Crec’hquerigou, etc., comme mary de damoiselle Marie Guingamp, sa compagne, puisnee, aux successions nobles de deffuncts nobles homs Jan Guingamp et damoiselle Louise Larmor, sieur et dame de Penanvern, Kervenlaugan (?), etc., pere et mere communs desd. Janne et Marie Guingamp, en dabte du 29e Decembre 1638, signé : Mauchin, notaire royal.

Et la seconde est l’acte portant la pourvoyance des enffans mineurs de feuz nobles homs François Dourdu, escuier, sieur de Coatcren, Tregonnec, etc., licentié es loys, conseiller du Roy et son seneschal de sa cour et jurisdiction de Lesneven, et damoiselle Janne Lanuzouarn, sa compagne, ou il se voit que led. Louis Dourdu estoit fils puisné dud. François et de lad. Lanuzouarn, dabtee du 8e Mars 1598.

Sur le degré de François Dourdu, pere dud. Louis, sont raportees cincq pieces :

La premiere est son contract de mariage aveq damoiselle Catherine de Lanuzouarn, fille de nobles homs Yves de Lanuzouarn, vivant sieur dud. lieu et de damoiselle Janne Gouzillon, dabté du 17e May 1579.

La seconde est l’acte de supplement de partage donné par noble et puissant Jacques Barbier, seigneur de Kernaou et aultres lieux, fils aisné, heritier principal et noble, à ladicte damoiselle Catherine Lanuzouarn, sa sœur uterine, et à aultres ses puisnez, en la succession noble de lad. Gouzillon, mere commune, dabté du 24e Janvier 1618.

La troisiesme est le contract de mariage de nobles homs Jan Dourdu, sieur de Coatcren, aveq damoiselle Anne de Lestang, fille aisnee et unicque de deffunct nobles homs François de Lestang et de damoiselle Anne Poulpicquet, dabté du 15e Octobre 1614.

La quatriesme est le partage noble et advantageux donné par led. nobles homs François Dourdu, sieur de Coetcren, fils aisné, heritier principal et noble, à escuier Jan Dourdu, son frere puisné, aux successions de feuz nobles gens Laurans Dourdu et Anne Kersaingilly, leurs pere et mere communs, qu’ils recogneurent nobles et de gouvernement advantageux, en dabte du 29e Octobre 1594, ou il se voit que led. Jan, puisné, fist la foy et hommage à son aisné et promist tenir les heritages luy designez comme juveigneur, à la Coultume.

Et la cinquiesme est une transaction sur une demande de partage, passee entre led. François Dourdu et damoiselle Françoise Dourdu, sa sœur, compagne d’escuier Ollivier le Noir, sieur de Penarchoat, touchant les successions de feuz nobles gens Laurans Dourdu et Anne Kersaingily, sa compagne espouze, sieur et dame de Coetcren, pere et mere communs desd. François et Françoise Dourdu, dabtee du 3e Avril 1597.

Sur le degré de Laurans Dourdu, pere dud. François, est raporté :

Un acte de partage passé entre luy et Hervé Dourdu, son frere cadet, par lequel il est expressement raporté que led. Laurans Dourdu et led. Hervé, son frere, sont fondez dans la succession de Jan Dourdu et Françoise Kergornadech, leur ayeul et ayeulle, par la represantation d’aultre Hervé Dourdu, sieur de Coatcren, leur pere, dabtee du 8e Octobre 1556.

Sur le degré de Hervé Dourdu, pere dud. Laurans, sont raportees deux pieces :

La premiere est son contract de mariage, quy justifie qu’il estoit fils aisné, heritier principal et noble de noble escuier Jan Dourdu, sieur de Coatcren, et de damoiselle Françoise de Kergournadech, sa compagne, ses pere et mere, aveq damoiselle Janne le Lay, fille aisnee de feu noble escuier Charles le Lay et de damoiselle Anne du Quellenec, sieur et dame de Goazhirec, dabté du 10e Septembre 1526.

Et la seconde est le partage noble et advantageux donné par nobles homs Laurans Dourdu, sieur de Coetcren, comme fils aisné, heritier principal et noble dud. Hervé Dourdu, son pere, lequel estoit aussy fils aisné, heritier principal et noble de nobles gens Jan Dourdu et Françoise de Kergournadech, sa compagne, ses pere et mere, à damoiselle Marguerite Dourdu, sœur puisnee dud. Hervé, es successions desd. Jan Dourdu et Kergournadech, dabté du 20e Octobre 1550.

Sur le degré de Jan Dourdu, pere dud. Hervé, sont raportees deux pieces :

La premiere est son contract de mariage avecq lad. de Kergornadech, dabté du 15e Decembre 1498.

La seconde est un acte de transaction du 1er Septembre 1450 [2], passee entre led. Jan Dourdu, fils aisné, principal et noble de Hervé Dourdu, et Alliette Dourdu, sa sœur germaine, compagne d’Allain Kerguz, portant la designation, faicte par l’aisné, de la legitime deue à sa juveigneure, aux successions des pere et mere communs.

Sur le degré de Hervé Dourdu, pere dud. Jan, est raporté :

Le partage noble et advantageux donné par led. Hervé Dourdu, fils aisné, heritier principal et noble, à damoiselle Marie Dourdu, sa sœur puisnee, aux successions de feux Jan Dourdu et Catherine Brezal, leurs pere et mere communs, qu’ils recogneurent nobles et de gouvernement advantageux, s’estant eux et leurs predecesseurs de tout temps immemorial gouvernez et comportez noblement et advantageusement, suivant l’assise du comte Geffroy, dabté du 19e Septembre 1473.

Sur le degré de Jan Dourdu, pere dud. Hervé, sont raportez :

Deux extraicts tirez de la Chambre des Comptes de Bretagne, qui justifient qu’en la refformation faicte des nobles de la paroisse de Plouvorn, en l’an 1443, Jan Dourdu, septiesme ayeul du deffandeur, est employé au deuxiesme rang parmy les nobles de lad. paroisse, et en celle de 1535, la maison et mestaierye noble de Coatcren y est employee, comme apartenante à Jan Dourdu, y demeurant, homme noble, et aux monstres generalles de l’an 1427, led. Jan premier y est employé au rang des nobles, et en celle de 1481, Hervé, son fils, y comparut en quallité de gentilhomme.

Et tout ce que par led. deffandeur a esté mis et induict devers lad. Chambre, conclusions du Procureur General du Roy, consideré.

Il sera dict que :

La Chambre, faisant droit sur l’instance, a declaré et declare ledict Allexandre Dourdu noble et issu d’antiene extraction noble, et comme tel luy a permis et à ses dessandans en legitime mariage de prandre la quallité d’escuier et l’a maintenu au droit d’avoir armes et escussons timbrez, apartenans à sa quallité, et de jouir de tous droicts, franchises, preeminances et previllages attribuez aux nobles de cette province et ordonne que son nom sera employé au roolle et catalogue d’iceux de la jurisdiction royalle de Lesneven.

Faict en lad. Chambre, à Rennes, le 20e Juillet 1669.

Signé : d’Argouges.

Julien de Larlan

(Minute originale. – Archives du Parlement de Bretagne, à Rennes.)


[1Elle est nommée Catherine, un peu plus loin.

[2Cette date de 1450 est certainement inexacte, car Hervé Dourdu, père de Jan Dourdu, vivait encore en 1473.