Tudchentil

Les sources sur les gentilshommes bretons

L'histoire de Keroulas

Du Moyen Âge à nos jours

Par la famille de Keroulas.

Depuis le Moyen-Âge, le berceau de la famille de Keroulas se trouve au manoir de Keroulas à Brélès, en Pays de Léon. Plus de 6 siècles et près de 20 générations plus tard, cette belle demeure du XVIIe siècle est toujours la résidence de descendants de la famille.

Le manoir de Keroulas conserve de précieuses archives dont les plus anciennes datent de la fin des années 1300. Elles ont permis de remonter aux périodes les plus reculées de l’histoire familiale.

Le nom de famille de Keroulas s’est éteint en Pays de Léon au XVIIIe siècle. Les Keroulas d’aujourd’hui descendent de Ronan Mathurin de Keroulas (1730-1810) qui s’installe vers 1764 au manoir de Tal ar Roz au Juch près de Douarnenez. Sa nombreuse postérité estimée à plus de 5.000 personnes a surtout essaimé au Juch et dans les communes environnantes.

Ce beau livre illustré, travail collectif de plusieurs enfants de la famille, vous invite à plonger dans la destinée des Keroulas, à suivre son évolution au fil des siècles et à découvrir de nombreux épisodes parfois très surprenants.

Le livre est en vente chez l’éditeur aux éditions Récits au prix de 35 €.

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La Nativité tirée d'un livre d'heures à l'usage de Saint-Malo, © Bibliothèque Rennes Métropole, ms. 1510, f. 37, détail.

Plafond du Palais du parlement de Bretage, salle de la Cour d'Assise.
Photo A. de la Pinsonnais (2008).

Huon de Kermedan - Demande d’un poste de réviseur sur les grands chemins (1754)

Mercredi 13 mai 2026, transcription de Jean-François Coënt.

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Source

Collection personnelle de Jean-François Coënt.

Citer cet article

Collection personnelle de Jean-François Coënt, transcrit par Jean-François Coënt, 2026, en ligne sur Tudchentil.org, consulté le 8 juin 2026,
www.tudchentil.org/spip.php?article1763.

Huon de Kermedan - Demande d’un poste de réviseur sur les grands chemins (1754)

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A Monseigneur

 

Monseigneur Le Bret intendant de la province de Bretagne

 

Escuyer François Huon, chevallier de Ꝃmedan, a l’honneur de vous exposer, Monseigneur, qu’après quatorze ans de service pendant les dernières gueres il eut le malheur d’essuyer une reforme dans l’infanterie où il servit pendant huit ans continuels en qualité de lieutenant, passant après cela au service sur mer dans les corsaires où il fut six ans ; il eut encore le désavantage d’être fait prisonnier de guerre en Angleterre où il a esté détenu pendant trois ans ; la paix étant faite il revint chez luy où il ne trouva qu’un faible reste de sa mince fortune de cadet noble ; informé que du chef de madame sa mère cadette de la maison de Guinguené il avoit quelques biens à espérer, il fit des poursuites et obtint même des condamnations ; malheureusement il trouva pour partie le sieur chevallier de Ꝃally qui profitant de la supériorité de sa fortune et de ses protections le traduisit au parlement de cette province où l’affaire est pendente et indécise depuis environ deux ans ; le supliant épuisé et hors d’état de fournir aux frais considérables pour obtenir un jugement, fut contraint de solliciter un employ de piqueur sur les grands chemins ; il l’obtint il y a un an et s’en est, il l’oze dire, bien acquitté ; après la cessation des travaux il s’est rendu à la suitte de la Cour pour solliciter le jugement de son affaire contre le sieur chevallier de Ꝃally, mais il voit avec [folio 1v] chagrin qu’il ne peut espérer de jugement au plutôt que sur la fin du parlement prochain, ce qui l’oblige d’avoir recours à votre protection et à votre autorité, Monseigneur, pour obtenir un employ qui luy procure une honneste subsistence.

On vat travailler au rétablissement des chemins et routes qui conduisent de Guingam à Tréguer par Pontrieux et de Tréguer à Morlaix par Lannion. Le supliant vous demande, Monseigneur, le poste de réviseur sur les travailleurs qui seront occupés sur ces routes ; si cet employ n’est pas beaucoup plus lucratif que celuy de simple piqueur il est plus convenable et plus gracieux. Le supliant en état de remplir le poste qu’il prend la liberté de vous demander et d’exiger de votre générosité, oze se flatter que vous aurés la bonté de les luy accorder soit sur les routes susdites ou autres qu’il vous plaira luy désigner et il redoublera ses voeux pour votre santé et prospérité et celles de votre illustre famille.

D’argent à trois chevrons de gueules, à une fasce d’azur brochante.

[Signé] Le chevallier de Ꝃmedan Huon


 

Monsieur le chevalier de Kermedan gentilhomme de très ancienne maison de Bretagne n’ayant pour subsister qu’un simple emploi de piqueur sur les grands chemins qui ne luy suffit pas désirerait avoir un emploi de réviseur.

Monsieur le marquis de Rougé qui prend un intérêt très vif à ce qui le regarde a l’honneur de prier monsieur Le Bret de vouloir bien luy accorder ledit employ de réviseur qu’il demande et qu’il est en état de servir quoiqu’en disent quelques personnes mal intentionnées qui prétendent qu’il a la vue mauvaise ; il est vrai qu’il en a été incommodé mais il assure qu’il voit très clair à présent.

A Morlaix, le 29 juillet 1754.

[Signé] Rougé

Après quelques recherches, je pense avoir identifié ce chevalier de Kermédan.

Il s’agit de Jean-François Huon, écuyer, né à Plestin le 23 juin 1708 au manoir de Kermabusson, fils d’écuyer Vincent Huon et de dame Françoise Guinguené, sieur et dame de Kermédan et Kermabusson. Jean-François Huon ne se maria pas. Il décéda à Plestin le 5 mai 1758 soit quatre ans après avoir sollicité ce poste.

« Ecuyer Jean-François Huon, chevalier de Kermédan, âgé d’environ 50 ans passés dans le célibat… » Ce Jean-François avait certes un frère François, plus jeune, marié en 1744 à une demoiselle Pichodou. Je ne pense pas que ce soit notre suppliant.

Si le marquis Pierre-François de Rougé s’est intéressé à son sort, c’est parce que la marquise de Rougé était née Julie de Coëtmen et que la grand-mère de Jean-François Huon était également une Coëtmen (Marie-Sainte de Coêtmen avait épousé René Huon, père de Vincent).

La terre de Kermédan se trouve dans la commune de Callac (autrefois paroisse de Botmel). Une élégante maison bâtie au XIXe siècle y a remplacé l’ancien manoir des Huon.

Cette famille Huon porte : d’argent à trois chevrons de gueules, à une fasce d’azur brochante.