Tudchentil

Les sources sur les gentilshommes bretons

Château de Bogard, Quessoy, bâti par Guillaume-François de la Nouë (fin XVIIIe).
Photo A. de la Pinsonnais (2007).

Baronnie de Coëtmen

Lundi 16 février 2004, texte saisi par Bertrand Yeurc’h.

Adhérez à Tudchentil !

Notice d'adhésion 2017 à Tudchentil, à remplir et à envoyer avec votre chèque au siège de l'association.

Catégories de l'article

Source

Dom Guy-Alexis Lonineau, Preuves, 1707, col. 1473.

Citer cet article

Dom Guy-Alexis Lonineau, Preuves, 1707, col. 1473, 2004, en ligne sur Tudchentil.org, consulté le 24 septembre 2017,
www.tudchentil.org/spip.php?article90.

Françoys par la grace de Dieu Duc de Bretaigne, Comte de Montfort, de Richemont d’Estampes & de Vertus, à tous ceux qui ces presentes lettres verront, salut.

Comme à nous de nos droits souverains appartiennes, & non à aultre, en nostre pays & Duché donner telles prééminences, honneurs & avantaiges à nos vassaux & feaux subjetz qu’il nous plait, & entr’autres ayons voulloir & affection de le faire à ceux qui le vallent & l’ont meritté & deservy ; & soit ainsi que nous, cognoissans estre tres-expedient & convenable, pour le bien, honneur, & augmentation de nostre principaulté & Seigneurie, créer Barons, Banneretz, Bacheliers, & Chevalliers, pour assister avecques nous à nos Estaz & geneaux Parlementz, & autres assemblées qu’il nous est requis faire, pour deliberer des grandz mathieres & affaires de nostredit pays & Duché & l’utilité du bien publicq d’icelluy, en quoy est de besoing avoir grands personnages, & gens de grand puissance & faculté de biens, constituez en grand estat, honneur, dignitté, & Seigneurie, de nostredit pays & Duché ; toutesfois & quantes pouvons vroi semblablement cognaistre que le deffaut desdits personnages recquis......se trouve ou peut trouver, nous soit loisible faire & créer à ces dignitez & Seigneuries ceulx que congnoissons qui le vallent, & qui en peuvent porter le faix & charge, tant de leur personnes, que faculté de biens ; sçavoir faisons que nous en consideration de ce que dessus, mesmes que plusieurs des Baronnies de nostredit païs & Duché sont reduites, & encores se peuvent reduire en un seul personnage, & entr’autres la Baronnie du Vicomte de Leon & celle de Foulgieres qui à present sont en nostre main, & autres sont vroisemblablement disposées à tourner & cheoir plusieurs d’elles, sçavoir la Baronnie de Quintin en la main de nostre tres-chier & tres-amé cousin & feal Nicollas de Laval Baron de la Roche Bernard, les Baronnies de Chasteaubriand, de Malestroit, & de Derval és mains de nostre tres-chier & tres-amé cousin & feal Françoys de Laval Seigneur de Montafillant, & de nostre tres chere & tres-amée cousine & fealle Françoise de Rieulx sa compaigne, tant à cause de luy, que à cause d’elle ; ou és mains de leurs hoirs, successeurs, ou cause ayans respectivement ; au moien de quoi en l’advenir l’honneur de nous & de nosdits Estats, Parlements generaux, & assemblées, qui anciennement & de tout temps ont accoustumez estre aournez & decorez de plusieurs & grand nombre de Prelats, Barons, Banneretz, Bacheliers, Chevaliers, & Escuyers, pourroient estre diminuez, nous mains bien conseillez & servys, & les affaires de nostredit pays pirement traitées & conduites, au grand dommage & prejudice de nous & de toute chose publique de nostre pays & Duché ; nous (pour lesdites causes) considerans les bons, loyaux, grands, & agreables services, que par cy-devant ont fait à nos predecesseurs Ducs & Princes de Bretaigne (que Dieu adsolve) & à nous mesmes, à chacun en son temps, les predecesseurs de nostre tres-cher & bien-aimé cousin & feal Jehan de Coetmen Vicomte de Coetmen & de Toncquedec, & aussi iceluy Vicomte, qui cette presente année que le Roy a prins intelligence avecque plusieurs & la plupart des Barons & nobles de nostredit pays & Duché, nous a invadé & assailly à puissance d’armes, & fait la guerre en nostre païs, tendant à la totalle destruction d’icelluy, ne voullant ensuivir l’entreprise dudit Roy, & seditions faite desdits Barons & nobles, à laquelle ils l’ont à toutte leur puissance voullu persuader par dons & promesses, menaces, terreurs, & espouvantements ; mais comme nostre loyal & bon vassal & subjet, en ensuivant l’ordre de ses progeniteurs, nous accompagner & servir à la deffense de nostredit païs & Duché ; s’est toujours tenu avecque nous durant ladite guerre, & le siege qui devant nous & nostre ville de Nantes a esté mis & assis par les Françoys ; en quoi il a employé corps & biens, & y frayé & despense de son bien en grande largesse & abondance, & en sa compagnie sont venuz à nostre service ses fils & freres avecque grand nombre de nobles & grans personnaige de nostre pays & Duché des parties de Basse-Bretaigne, en enssuivant nostredit cousin, & le voulloir qu’il avoit à nostre service, lesqueulx nous ont bien & loyaulement servi à la deffense de nostredit païs ; dequoi nostredit cousin a meritté & deservy estre grandement de nous recognu ; considerans mesme qu’icelluy nostre cousin est d’estraction, puissance, & faculté en biens & richesses pour entretenir & maintenir l’estat & l’honneur recquis à entretenement de Barons & Baronnie. Pour lesdites causes, & aultres à ce nous mouvans, avons (de nos autthorité & planniere puissance) crée & nommé, créons & nommons par ces presentes nostredit cousin de Coetmen Baron en nostredit païs & Duché, du nom & tiltre dudit lieu & Seigneurie de Coetmen, aux droits, noblesses, lieux, rancs, assieptes, privileges, prerogatives, honneurs & prééminences appartenants à Baronnie & estat de Baron, tels & pareils que ont eu, ont, & peuvent avoir les aultres Barons de nostredit pays & Duché ; car ainsi le voullons & nous plait ; voullans & voullons que d’iceulx il & ses principaux heritiers & successeurs eusent & joüissent en l’advenir, tout ainsi que font, peuvent, & ont accoustumé faire les aultres Barons de nostredit païs & Duché ; car ainsi le voullons & nous plait.

En tesmoing de ce, & afin que ce soit chose ferme, & stable à durer & valloir en perpetuel, nous avons signé ces persentes de nostre main, & fait sceller de nostre scel en laz de soye & cire verte. Donné en nostre ville de Nantes le cinquiesme jour de Septembre l’an mil quatre centz quatre-vingtz sept.

L’original est signé François
& sur le repli sont escripts ces mots : Par le Duc, de son commandement, l’Esveque de Nantes, le Comte de Comminge, le Grand-Maistre, le Vichancelier, les Sires de Vauclerc & de Maupertuis, & autres presens, P. de la Reux. Sans sceau.